En 2027, McLaren viendra écrire la suite de son histoire avec Le Mans
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En 2027, McLaren viendra écrire la suite de son histoire avec Le Mans

Le compte à rebours est lancé. Dans un an, McLaren reviendra en catégorie reine pour tenter d'ajouter une seconde victoire à son palmarès. Un retour très attendu, qui va relancer une histoire intense entre le constructeur et Le Mans.

C'est un dimanche de juin 1995, sous une pluie qui ne veut pas finir, que McLaren écrit la première page de son histoire avec la Sarthe. La McLaren F1, conçue pour la route et non pour la piste, devenue F1 GTR via le développement d’un kit spécial, gagne du premier coup malgré une préparation tardive. Les milliers de spectateurs présents viennent d'assister à l'impensable.

Trente-deux ans plus tard, McLaren s'apprête à revenir au sommet. Pour annoncer ce retour et donner l’impulsion qui aidera à gravir à nouveau la plus haute marche du podium, la marque n'a pas choisi une livrée tournée vers demain. Elle a choisi de saluer hier : la MCL-HY a effectué ses premiers tours en mai dernier sous des couleurs qui rappellent la M6A de Bruce McLaren. Celle par qui, justement, tout a commencé.

La McLaren M6A et la nouvelle MCL-HY se regardent, se contemplent, et dessinent ensemble la trace de McLaren au Mans.
La McLaren M6A et la nouvelle MCL-HY se regardent, se contemplent, et dessinent ensemble la trace de McLaren au Mans.

Le rêve de Bruce McLaren

À la fin des années 1960, Bruce McLaren ne se contente pas de gagner. Récent lauréat des 24 Heures du Mans 1966 sur une Ford GT40, il imagine. À partir de sa redoutable barquette Can-Am M6A, championne en 1967, il dessine un coupé fermé : la M6GT. L'objectif tient en quelques mots : produire la petite série (250 exemplaires) qu’impose le règlement pour l'homologuer en GT, afin de courir les 24 Heures du Mans. McLaren veut bâtir la légende de sa marque partout, sur tous les fronts et la terre mancelle est dans son esprit.

Un rêve qu'il ne concrétisera pas. Bruce McLaren perd la vie en essais à Goodwood. Le projet, porté à bout de bras par son énergie, s'éteint avec lui. Quelques exemplaires seulement de la M6GT voient le jour, mais jamais un seul ne roulera au Mans.

Pour autant, le projet n'a pas disparu. Il attend simplement son heure.

C’est finalement en 1995 que l’ambition de Bruce McLaren trouve son aboutissement avec la McLaren F1. Une auto singulière qui, contrairement à ce qu'indique son nom, n'a pas été pensée pour la course. Gordon Murray l'a dessinée comme la plus aboutie des routières. Il n’a pas pris en compte dans ses contraintes le tracé du Mans, l’exigence de l’épreuve, et la possibilité de filer à plus de 300 km/h ! Ce sont plusieurs clients-pilotes convaincus qui finissent par persuader Ron Dennis (alors patron de McLaren) d'en faire une GT de compétition.

  • Voiture de développement, la McLaren F1 GTR châssis 01R est finalement victorieuse en 1995, après un engagement de dernière minute.
  • La livrée noire et grise, discrète, tranche avec d'autres décorations apposées sur les F1 GTR. Pourtant, cette simplicité de la robe est passée dans la mémoire des amoureux de la course.
  • Voiture de développement, la McLaren F1 GTR châssis 01R est finalement victorieuse en 1995, après un engagement de dernière minute.
  • La livrée noire et grise, discrète, tranche avec d'autres décorations apposées sur les F1 GTR. Pourtant, cette simplicité de la robe est passée dans la mémoire des amoureux de la course.
  • Voiture de développement, la McLaren F1 GTR châssis 01R est finalement victorieuse en 1995, après un engagement de dernière minute.
  • La livrée noire et grise, discrète, tranche avec d'autres décorations apposées sur les F1 GTR. Pourtant, cette simplicité de la robe est passée dans la mémoire des amoureux de la course.
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Voiture de développement, la McLaren F1 GTR châssis 01R est finalement victorieuse en 1995, après un engagement de dernière minute.

Le jour de la course, le ciel s'en mêle. 17 heures sur 24 sous la pluie, une expérience mémorable pour les spectateurs venus en nombre, et des conditions favorables aux Britanniques qui, à la surprise générale, vont mettre la main sur l’épreuve. Sept McLaren engagées, cinq à l'arrivée, quatre dans les cinq premières.

Un exploit, d'autant qu'aucune F1 GTR n'avait jamais roulé sous la pluie avant ce départ. Et pourtant. JJ Lehto, Yannick Dalmas et Masanori Sekiya imposent la #59 après 298 tours.

Lorsqu’on lui demande le sommet de sa carrière, Gordon Murray ne cite pas ses titres en Formule 1. Il cite cette victoire. Quel hommage, de la part de cet ingénieur qui a tout gagné ! L'aura du Mans éblouit ses acteurs comme ses spectateurs. 

Des McLaren peuplent encore le haut du classement jusqu’en 1998, sans accrocher le podium. Puis, plus rien. Pendant 26 ans, plus aucune McLaren au départ. Mais ce silence n'était pas un adieu. C'était une attente.

La patience récompensée

En 2024, McLaren repasse les portes du circuit. D'abord en LMGT3, le temps de réapprendre la nuit, l'usure, la pluie, tout ce que la Sarthe exige. Une marche après l'autre. Car ici, on l'apprend vite : la vitesse compte, l'endurance décide, mais c'est le caractère qui fait tenir - et revenir. 

Pour l'édition 2027, McLaren retrouvera la catégorie reine avec son Hypercar, la MCL-HY, engagée par une équipe d'usine. Sous la carrosserie, un V6 biturbo développé en interne, épaulé d'un système hybride, qui envoie sa puissance - plus de 700 chevaux - aux roues arrière. Le châssis carbone, lui, est signé Dallara, l'artisan italien qui arme déjà les Hypercar de BMW et Cadillac, et avec qui McLaren collabore en IndyCar.

  • La MCL-HY ici en version GTR est la déclinaison de route de la MCL-HY qui prendra part aux 24 Heures du Mans.
  • Les deux variantes - de route et de compétition - sont la traduction parfaite de l'esprit du règlement Hypercar initié par l'ACO en 2021.
  • La MCL-HY ici en version GTR est la déclinaison de route de la MCL-HY qui prendra part aux 24 Heures du Mans.
  • Les deux variantes - de route et de compétition - sont la traduction parfaite de l'esprit du règlement Hypercar initié par l'ACO en 2021.
  • La MCL-HY ici en version GTR est la déclinaison de route de la MCL-HY qui prendra part aux 24 Heures du Mans.
  • Les deux variantes - de route et de compétition - sont la traduction parfaite de l'esprit du règlement Hypercar initié par l'ACO en 2021.
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La MCL-HY ici en version GTR est la déclinaison de route de la MCL-HY qui prendra part aux 24 Heures du Mans.

On ne gagne jamais seul au Mans. Pour conduire ce retour, McLaren a confié les clés à James Barclay (directeur exécutif). Venu de la Formule E, où il a appris à faire gagner une marque partie de rien, il prend la tête de l'équipe dont le nom dit tout de l'état d'esprit : McLaren United. Le mot n'est pas choisi au hasard. Ici, on avance ensemble, avec United Autosports qui apporte son savoir-faire acquis en LMP2 et en GT3.

À ses côtés, Chris Dyer (directeur technique) connaît le parcours à suivre à la conquête des grandes courses ou d'un titre mondial. Ingénieur de course aux plus belles heures de Ferrari en F1, il a vécu de l'intérieur ces moments où tout se joue à une décision près. Ce vécu-là ne s'enseigne pas dans les livres. Il se transmet, d'une génération à la suivante.

On retrouve, aussi, un homme qui fait le pont entre toutes les époques : Neil Oatley. Enfant, il collectionne les autographes de Bruce McLaren ; devenu ingénieur, il dessine les McLaren championnes de l'ère Prost-Senna-Häkkinen. Aujourd'hui, à plus de 70 ans, il est consultant sur le projet. 

Du côté de ceux qui tiendront le volant, deux pilotes sont pour le moment confirmés. Mikkel Jensen, d'abord. À seulement 31 ans, le Danois aborde en 2026 sa septième participation aux 24 Heures. Hypercar, LMP2, GTE : il a déjà presque tout connu. Chaque tour des 13,626 kilomètres de la Sarthe, il l'a appris dans des voitures différentes ; il en garde, gravées, les exigences propres à chaque catégorie. Une expérience rare pour un pilote si jeune. "La voiture est encore loin d'être totalement développée. Ce qui est certain, c'est que nous partons déjà avec de l'expérience, car la catégorie existe depuis 2021, et nous avons dans l'équipe des personnes venues d'autres projets Tout le monde a déjà une idée de ce qu'il faut pour avoir une meilleure auto", commente celui qui a eu le privilège de faire les premiers tours de roue. 

À ses côtés, Laurens Vanthoor n'arrive pas les mains vides : sacré champion du monde d'endurance en catégorie Hypercar en 2024, le Belge a passé une décennie au sommet, pilote officiel Audi puis Porsche. Spa à deux reprises, le Nürburgring, Bathurst, Daytona : les plus grandes épreuves d'endurance, il les a gagnées. Le Mans aussi, déjà ; une victoire de catégorie en 2018, au volant de la Porsche 911 RSR « Cochon rose » partagée avec Kévin Estre et Michael Christensen. Une seule ligne manque encore à son palmarès : la victoire au général. Il l'a frôlée en 2025, deuxième à l'arrivée, à quelques encablures du rêve.

En 2027, la flamme orange de la passion de McLaren pour les 24 Heures du Mans brillera de nouveau sur le circuit, plus vive que jamais. 

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